
Association loi 1901, la Cinémathèque française a été créée en 1936 par Henri Langlois, Georges Franju, Jean Mitry et Paul Auguste Harlé. Elle est devenue au fil des ans l'une des archives les plus célèbres dans le monde grâce à la richesse de ses collections. Longtemps installée au palais de Chaillot, la Cinémathèque française occupe depuis septembre 2005 un bâtiment moderne construit par l'architecte Frank Gehry, 51 rue de Bercy (Paris 12e). Lors de l'inauguration de la nouvelle Cinémathèque, Martin Scorsese a déclaré : « Les réalisateurs du monde entier connaissent la Cinémathèque française, même s'ils n'y sont jamais venus. C'est notre demeure spirituelle. »
Riche de son expérience, dotée de nouveaux moyens, la Cinémathèque peut désormais poursuivre ses missions : conserver et restaurer les films et les archives de ses collections, programmer les grands classiques mais également des rétrospectives complètes et des hommages à des cinéastes, acteurs, producteurs et techniciens du cinéma, exposer les fabuleux objets de ses collections dans le cadre de l'exposition permanente Passion Cinéma, organiser des expositions temporaires pour montrer les richesses de ses fonds et mettre en valeur les liens qu'entretient le cinéma avec les autres arts, accueillir étudiants et chercheurs dans une bibliothèque et un centre d'archives.
Avec ses quelque 40 000 films, la Cinémathèque française est l'une des plus importantes archives internationales. Henri Langlois est parvenu pendant près de 40 ans, à sauver de la destruction des pans entiers patrimoine français et international. Cette collection internationale, très enrichie depuis la mort de Langlois en 1977, couvre quasiment tous les pays producteurs de films. La Cinémathèque s'enrichit chaque année de 800 copies environ, grâce aux dépôts de producteurs, distributeurs ou réalisateurs. Les subventions allouées par le Ministère de la Culture permettent de sauvegarder environ 200 films par an. Les films nitrate, particulièrement fragiles, sont choisis en priorité. Enrichir les fonds en suscitant le dépôt d'oeuvres contemporaines, acquérir des copies de grands classiques restaurés à l'étranger, figurent aussi parmi les objectifs de la Cinémathèque.
Cette collection, constituée depuis 1938, contient des pièces des XVIIIe et XIXe siècles (lanternes magiques, boîtes d'optique, etc.), de nombreux projecteurs, caméras, matériels de laboratoire et de studio qui proviennent du monde entier. Le fonds, qui comprend également les collections d'appareils du Centre national de la cinématographie, contient 4 000 machines, 12 000 plaques de lanterne magique, 6000 brevets d'invention, des archives, etc. Particulièrement riche sur les origines et la naissance du cinéma, la collection des appareils permet de retracer, presque pas à pas, l'évolution internationale de la technique cinématographique.
Tout au long de sa vie, Henri Langlois, avec l'aide de Lotte Eisner, a mis son énergie et son intelligence à constituer une collection de costumes, d'objets, d'appareils, d'oeuvres plastiques (dessins, maquettes, affiches, etc.). La Cinémathèque a ainsi la chance de conserver parmi ses trésors la tête de mort du Psychose d'Alfred Hitchcock, l'étoile de mer de Man Ray, une partie des engrenages des Temps modernes de Chaplin, le décor du Cabinet du Dr Caligari, plusieurs robes de Louise Brooks, celle de Vivien Leigh dans Autant en emporte le vent ou celle plus récente d'Isabelle Adjani dans La Reine Margot de Patrice Chéreau. Figurent également dans ses collections plusieurs centaines d'oeuvres plastiques et de maquettes, toutes liées à l'histoire du cinéma. La Cinémathèque poursuit l'enrichissement de ces collections, en recevant des dons, des dépôts, ou par l'acquisition de pièces rares.
La Cinémathèque française contribue à l'enrichissement et à la conservation du patrimoine documentaire sur le cinéma, en assure la diffusion et l'appréhension par des publics divers à travers une pluralité de services. Principal centre de ressources documentaires sur le cinéma en France, la médiathèque met à disposition des étudiants, chercheurs, enseignants, journalistes, professionnels du cinéma ou simples cinéphiles, des fonds d'une richesse inestimable (comprenant aussi une vidéothèque, une iconothèque, un centre d'information et de documentation, des éditions en ligne et un site internet).
Monographies de grands cinéastes, hommages à des acteurs ou à des techniciens du cinéma, programmations thématiques, rendez-vous réguliers : l'histoire du cinéma se décline six jours sur sept à la Cinémathèque, à travers 50 séances hebdomadaires. La salle Henri Langlois (415 places) est dotée d'un équipement ultra moderne, offrant au public des conditions parfaites de projection ; elle permet aussi de présenter des films muets avec orchestre. Les deux autres, la salle Georges Franju (199 places) et la salle Jean Epstein (94), tout aussi confortables, bénéficient des mêmes atouts techniques et projettent régulièrement les grands classiques du cinéma.
L'exposition permanente Passion Cinéma raconte l'histoire de la collecte et de la sauvegarde de ce qui constitue notre immense patrimoine cinématographique : films, objets, appareils, costumes, archives... Comment les premières collections se sont-elles formées ? Qui est à l'origine de ces initiatives... ? Chaque collection possède une spécificité, une démarche particulière, mise en lumière, expliquée et illustrée dans le cadre de cette exposition qui occupe sur plusieurs étages une surface de 1100 m2.
Autour de sa programmation et de ses expositions, la Cinémathèque française multiplie les manifestations. Lectures, journées d'études, tables rondes, ciné-club sur le cinéma contemporain, mais aussi visites, parcours et conférences autour des expositions (le Collège d'histoire de l'art cinématographique) : la Cinémathèque crée constamment l'événement... à l'image de ses rencontres et de ses leçons de cinéma régulières, qui ouvrent le dialogue entre les plus grands réalisateurs du 7° art et leur public – ou des stages tout public (L'Expérience Cinéma), qui donnent la parole à ceux et celles qui font le cinéma. Avec sa politique de coédition (livres, DVD), de publications (catalogues d'expositions, actes de colloques et conférences), et d'édition en ligne (expositions virtuelles sur internet notamment...), la Cinémathèque développe par ailleurs une politique élaborée et novatrice de valorisation de ses fonds documentaires et iconographiques
Le service pédagogique de la Cinémathèque s'adresse à un public très large : enfants, familles et adultes, scolaires, étudiants et enseignants. Il a l'ambition de transmettre un goût pour l'art cinématographique et d'initier à ses pratiques, à travers des programmations de films, des visites guidées des expositions, des ateliers, des formations et des stages animés par des professionnels du cinéma. Les séances Jeune public permettent de découvrir ou de redécouvrir en famille le cinéma sous toutes ses facettes. En milieu scolaire, le service pédagogique mène des actions pour développer sur le terrain projets, ateliers et enseignements cinématographiques. Il coordonne également les ateliers du Cinéma, cent ans de jeunesse. Enfin, l'action pédagogique a pour vocation d'aider à la formation de celles et ceux qui vont ensuite aborder le cinéma en situation scolaire ou de transmission : stages de formation pour enseignants et médiateurs, élèves et étudiants, documentalistes et bibliothécaires.
La Cinémathèque aide également à la diffusion du répertoire ou du patrimoine cinématographique. Elle y contribue à travers son service de la Diffusion, interlocuteur et partenaire régulier de nombreux festivals, cinémathèques, scènes nationales et lieux de programmation de films, en France comme à l'étranger. De même, la Diffusion organise des visionnages pour étudiants et chercheurs.